Attention, interdit aux moins de 18 ans...

Le chat et la souris.


Elle était assise dans sa loge, son violon posée sur le siège juste à côté d'elle. Elle se regardait dans la glace, se trouvait belle. Pourtant, cela faisait presque un an que personne n'avait fait l'amour avec elle. Et ça lui manquait.
Non qu'elle ne plaisait pas, au contraire. Mais les autres ne lui plaisaient pas. Ce jour-là, elle était en couple, avec un homme tout ce qu'il y a de bien. Mais ennuyant. D'un ennui mortel...
Elle regarda encore le violon et soupira. Sur la scène, les autres instruments s'accordaient. Elle, premier violon, elle attendait le signal lui indiquant son tour. Elle admira encore son reflet dans le miroir, et se perdit dans des pensées impies où son propre corps l'embrassait et l'aimait.
Soudain, on frappe à sa porte. Elle sursaute. Se lève. Va ouvrir. Un jeune homme, visiblement chargé de la sécurité du théâtre, se tient sur le seuil. Il la regarde avec des grands yeux et bafouille quelques excuses. Elle, elle ne s'en occupe pas. Elle agrippe le col du garçon. Le tire dans sa loge. Commence à l'embrasser goulûment. Lui cherche d'abord à résister, mais quand il sent les mains de la violoniste le caresser sans aucune pudeur, il se laisse aller et commence lui aussi à la caresser...
Plusieurs fois, son regard se pose sur le foulard de la femme. Elle suit son regard et lui fait comprendre d'un hochement de tête qu'il a le feu vert. Alors il prend le foulard de la violoniste et lui bande les yeux. Puis, il attrape les menottes à sa ceinture et l'attache à la barre de la penderie. Le souffle de la femme s'accélère. Elle ne semble aucunement choquée par l'initiative du jeune homme, bien au contraire. Lui s'approche d'elle et l'embrasse avec passion, tout en lui griffant le dos. Il sort son couteau et le passe sans appuyer sur le visage de sa partenaire. Elle sourit. Respire plus fort. Halète même. Lui commence à découper ses vêtements avec une infinie précaution. Elle essaie de le caresser en même temps mais ne peux pas. Elle commence à hurler : «Salaud ! »
Lui ne dit rien. Continue à couper ses vêtements. Quand il a fini, il pose son couteau sur une table non loin. Elle continue de l'insulter, si pressée par son désir de le sentir contre elle, en elle. Il commence alors à embrasser tout son corps. A le lécher. A le caresser. A le griffer, à le mordre parfois. Elle laisse échapper des gémissements et continue à l'insulter. Car elle ne peut rien lui faire, elle est à sa disposition. Tout en l'embrassant, il se déshabille. Approche son corps des lèvres de la femme et le recule au dernier moment. Approche son sexe gonflé de la bouche féminine, la laisse l'effleurer, mais recule juste après. « Connard ! » hurle-t-elle, « Salaud ! ». Il ne supporte pas ses insultes. Il la bâillonne. Puis, il recommence à embrasser son corps. Son souffle est de plus en plus rapide. Il n'en peut plus, mais résiste, pour la frustrer encore plus. Il commence à approcher son visage de son entre-jambe. Elle ne le voit pas mais sent son souffle chaud tout contre son sexe gonflé et humide. Il commence à embrasser son bas-ventre. Puis lèche son sexe. La pénètre avec sa langue. Elle se met à trembler. Il la mord, doucement d'abord, puis de plus en plus fort. Quand il sent qu'elle ne peut pas se cambrer plus, il se redresse et approche sa verge dressée du sexe de sa partenaire. Il respire de plus en plus fort. Il lui caresse l'entre-jambe avec son sexe. De plus en plus vite, de plus en plus fort. Voit ses poings se serrer et se desserrer de manière convulsive. Puis il la pénètre. Elle sent son sexe chaud aller et venir en elle. Elle veut hurler mais ne peut pas. Lui se laisse envahir par la chaleur et l'humidité de la caverne qu'il vient de souiller. Il lui griffe le dos. Ses va-et-vient sont de plus en plus violents et rapides. Il lui mord les tétons, le cou, tout ce qui passe par ses lèvres. Accélère encore le rythme. Ejacule une première fois, en elle. Mais il continue, à la même vitesse. Il semble inépuisable. Sa main agrippe le rebord de la table et effleure la lame du couteau. Il la sert entre ses mains. Le sang coule. Il prend le couteau par la poignée et l'approche du dos de la femme. Lui entaille le dos. Elle se cambre, comme une chatte en chaleur. Tremble de tous ses membres. Laisse échapper des petits gémissements. Il sait reconnaître un orgasme. Il sourit. Ses va-en-vient se font plus intenses, plus violents, plus rapides, tout en lacérant son dos. Puis il découpe le bâillon. L'embrasse avec passion. Elle lui mord la langue et les lèvres. Arrête de l'embrasser. Gémit. Lui mord le cou, jusqu'au sang. Puis le lobe de l'oreille. Lui arrache le lobe. Il crie, autant de douleur que de plaisir. Dépose une fois de plus sa semence dans son corps. Recommence à la griffer au couteau, mais ralentit ses va-et-vient. Elle jouit à chaque fois qu'il la pénètre, car chaque fois il va au plus profond. Elle essaie de le mordre, mais il la prend de vitesse et plante ses dents dans son cou. Boit son sang. Elle hurle. Tremble. Elle semble ne plus pouvoir tenir sur ses jambes. Tout en la buvant et en la pénétrant, il découpe le foulard qui couvre ses yeux. Elle pleure. Hurle une dernière fois. Lui aussi. Ils ont un orgasme en même temps. Puis il se retire, haletant. Elle le regarde en souriant à travers ses larmes de jouissance et de douleur. Il va pour s'asseoir et chercher son souffle, mais elle l'interrompt d'un murmure. « Encore... »

# Posté le lundi 13 avril 2009 16:42

Jvous présente la septième nouvelle... Elle suit complètement la ligne imposée par les 2 précédentes... Je vais aussi vous faire un aveu. Quand j'aurais publié 10 nouvelles, je commencerai l'écriture d'un roman dans lequel apparaitront les persos de mes nouvelles. Enjoy !!

« W est parti. »


Il s'était encore envolé... Il parcourait le magnifique paysage rempli de couleurs vives. Les arbres immenses le contemplaient de toute leur hauteur, mais il ne se sentait nullement oppressé. Il se sentait bien. Etonnament bien, comme chaque fois qu'il partait, et quittait la grisaille permanente de sa vie. Il survolait des prés abondants, frôlait le dos des animaux qu'il croisait...
Il profitait au maximum du spectacle, de ce pays merveilleux, de ces formes multicolores et la beauté le subjuguait ; mais il savait que ce voyage se terminerait, même s'il n'y pensait pas...
Après avoir suffisamment parcouru la surface infinie de l'endroit, il se posa, et La vit enfin...
Il La rejoignit, et Elle se jeta spontanément dans ses bras... Son teint pâle, ses cheveux clairs et ses yeux d'un bleu profond, ainsi que son visage aux courbes parfaites lui donnait l'allure d'un ange. Elle l'embrassa goulûment et le tira par la main derrière un arbre... Elle se pressa contre lui, et commença à le déshabiller...

Il se réveilla en sursaut, dans sa chambre plongée dans la pénombre...
Il regarda l'heure. « Merde, je suis en retard ». Il s'habilla en vitesse, mangea un morceau, et sortit en courant de chez lui.

*
* *

« Monsieur Z., vos retards incessants deviennent extrêmement agaçants. Il serait temps de vous ressaisir. »

Il était assis dans le bureau du président. En effet, un ministre qui arrive constamment en retard, ce n'est pas très bon pour l'image du parti... Il avait commencé sa carrière politique très tôt. A 15 ans, il s'engagea dans les jeunesses du parti, dans sa ville natale, et travailla avec énormément de rigueur à en améliorer les conditions de vie. Avec tellement de rigueur qu'à 20 ans, il fut élu maire de sa ville... Et de fil en aiguille, il se retrouva ministre de la Santé à 35 ans, et devint ainsi le plus jeune ministre de l'histoire de la 7ème République, battant de 2 ans le précédent record, tenu par un autre Monsieur Z., ancien ministre de la Culture, lors du gouvernement du parti opposé.

Le Président reprit :
« - Je pense que vous êtes un peu surmené, mon jeune ami. Vous devriez peut-être prendre des vacances...
- Vous... Vous me congédiez ?
- Non, bien sur que non, vous faites du trop bon travail pour que je puisse me passer de vous. Je vous suggère juste de ralentir un peu votre débit de travail... Je ne sais pas, sortez, faites du sport. »

Le Président était un homme dégarni, ventripotent, mais de cet apparence ressortait une bonhomie sympathique et protectrice, si bien que les médias l'appelaient Papa. En revanche, l'éclat de ses yeux bleus reflétait sa grande intelligence, tant redoutée de ses opposants, et admirée de ses amis. Et ces mêmes yeux fixaient Z. avec bienveillance...

« - Allez, faites un effort, je vous affrète un avion, partez dans un pays chaud et revenez dans une semaine.
- Merci, c'est gentil, mais je vais rester ici, au cas où on ait besoin de moi.
- Très bien. A la semaine prochaine, alors.
- Oui, c'est ça. »


Z. sortit du bureau présidentiel, et marchait dans l'allée bordée d'arbres. C'était l'automne, et les arbres perdaient leurs feuilles ; ces dernières tournoyaient autour de Z. comme une tornade l'accompagnant jusque chez lui. Il s'apprêtait à rentrer la clé dans la serrure et à rentrer, quand il s'arrêta soudainement...

« Il faut que je me prépare pour cette semaine de voyage... »

Il sortit son portable, composa un numéro et attendit trois sonneries, avant de raccrocher. Puis, son portable sonna. Il regarda l'écran, soupira et décrocha.

« Il m'en faut pour une semaine non-stop. Oui... Où ? Sous le pont ? 17h12 ? Très bien... Ce sera qui cette fois ? A. ? Ok... Merci. »

Il attendit l'heure précisée avec énormément d'impatience, assis dans la pénombre de sa chambre envahie de fumée. Puis, il se rendit sous le pont, et retrouva Mlle A. C'était une jeune femme brune aux yeux verts, petite, dont le sourire était contagieux. Ils échangèrent quelques mots, puis, A. lui tendit un sac plastique. Il le prit et repartit chez lui...

*
* *

Il s'était encore envolé ; mais il partait très loin, et très vite, et pour très longtemps. Le pays qu'il observait était beaucoup moins attrayant que la veille. Les collines, les arbres, les animaux changeaient de taille et de forme, passant d'innocente et inoffensive à terrifiante et dangereuse... Il avait peur, et voulait rentrer de son voyage le plus vite possible. Mais il ne pouvait pas, pas maintenant, pas avant de L'avoir vue. Il continua donc, et La trouva enfin. Elle, Elle était restée aussi belle, Elle ne changeait pas. Il s'approcha d'Elle, Elle leva la tête et le vit. Elle sourit. Il sourit à son tour. Elle le prit dans ses bras, l'embrassa, il se sentit mieux. Elle l'allongea sur le dos, et commença à le déshabiller, comme à chacun de ses voyages. Quand il fut nu, Elle se déshabilla aussi. Il admira son galbe au teint parfait, et La suivit des yeux quand Elle s'approcha de lui et s'assit à califourchon au dessus de ses reins, et commença à faire Ses va-et-vient d'un rythme lancinant. Il ferma les yeux, se laissant emporté par la vague de désir qui s'était emparé de lui...
Quand il les rouvrit, Elle n'était plus penchée sur lui, ou alors si, mais Ses yeux étaient injectés de sang, et Elle le regarda avec une rage difficilement contenue. Elle ouvrit la bouche, et il découvrit avec horreur Ses dents pointues et Sa langue fourchue. Il essaya de La repousser, mais Son étreinte était la plus forte... Il cria d'effroi, alors qu'Elle se penchait vers sa poitrine, et le mordit. Il cria plus fort encore, quand Elle commença à aspirer... Il arrêta de crier, tandis qu'Elle aspirait ses dernières forces. Puis, tout devint noir...

*
* *

« C'est horrible, comme mort... »

Au côté du Président et des autres policiers présents chez Z., le commissaire K. contemplait le visage tordu d'horreur de l'ancien ministre, à travers la fumée d'opium qui flottait à travers la pièce. Le médecin légiste s'approcha de lui.

« - Il est mort d'une crise cardiaque, ou d'un overdose. Il avait pris assez d'opium pour avoir des visions pendant une semaine, et apparemment, ce qu'il a vu l'a terriblement horrifié...
- Vous saviez depuis combien de temps il était opiomane ? demanda K. au président
- Non, il n'en avait jamais parlé...Si j'avais su, j'aurais peut-être pu l'aider.
- Evidemment. Nous ferons une enquête, pour essayer de démonter le trafic qui doit exister dans la ville. Nous allons demander à chaque membre du gouvernement, ainsi que vous, Monsieur, de nous prévenir si vous quittez le pays.
- Vous pensez que nous sommes impliqués ?
- Vous faisiez partie de son entourage proche, oui, vous pourriez très bien être son fournisseur...
- Très bien, je comprends...
- Merci. Sur ce, je vais vous laisser. »

Le commissaire quitta la pénombre de la chambre, et laissa le président seul. Ce dernier s'agenouilla et ferma les yeux de Z. Puis, il se releva, et quitta l'appartement...

« A force de chasser le dragon, c'est le dragon qui l'a eu... »

# Posté le samedi 10 janvier 2009 07:13

Modifié le samedi 10 janvier 2009 20:36

Et voici... ! La sixième nouvelle !! Je dis rien, sinon, je vends la chute...

« Juste un coin qui me rappelle... »





Le métro file à toute allure dans les tunnels. Il est tard, ou tôt, selon les points de vue, presque 4h du matin.

L'homme est appuyé contre la barre et regarde son reflet dans la glace de la porte du wagon. La lumière du tunnel éclaire son visage de façon régulière. Ses cheveux sont blonds, ses yeux noisettes. Ses traits sont tirés par la fatigue. L'homme a une barbiche et une barbe de trois jours, ou quatre, il ne sait plus très bien. Sa chemise noire est ouverte au niveau du col et laisse apercevoir l'éclat d'une chaînette d'argent. Par-dessus la chemise, une veste toute aussi noire, longue jusqu'aux mollets, ouverte. Le pantalon est large, un pantalon de costume. L'homme est chaussé de Santiags. Il tient à la main un bouquet de roses noires, ces fleurs qu'il laisse pousser sur son balcon et qu'il entretient tendrement tous les jours.
L'homme lève la tête et regarde le panneau de destination en se disant que peut-être il aurait le temps de fumer une cigarette.

Mais le métro commence à ralentir et s'arrête devant le quai. Les portes s'ouvrent et l'homme descend. Il gravit les marches qui le mènent à la surface, et regarde la lune qui semble lui faire un clin d'½il. Il l'ignore et avance dans la rue. Il semble connaître le chemin comme sa poche.

Il arrive devant le parc et franchit la grille séparant la rue des plantes. Il s'assit, comme tous les soirs, sur le même banc, pose le bouquet à côté de lui, sort son paquet de cigarette de sa poche intérieure droite, son briquet de sa poche de pantalon, prend une cigarette et l'allume. Il repose le paquet et le briquet sur le banc, à côté des roses, tire un peu sur sa cigarette et souffle en regardant la fumée s'envoler à la lueur du réverbère. Il fait froid. L'homme ramène sa veste et la ferme. Il tire encore sur sa cigarette, et :
« Salut, ma puce. Je suis revenu. »

Mais personne ne répond. L'homme continue cependant à parler :

« Tu sais qu'il s'est passé plein de choses, aujourd'hui ? J'ai encore grondé la même élève parce qu'elle discutait encore avec sa voisine. Il faudrait que je pense à les séparer, une fois. »

L'homme tire encore sur sa cigarette :

« Et je me suis encore fait draguer par la nouvelle proviseur...Il faudrait que je lui dise que je suis marié, la prochaine fois. J'imagine déjà son visage : « Vous êtes marié, vous ? Ah la bonne blague ! », Qu'elle me dira. Ta mère n'est pas venue, elle dort. Elle ne sait toujours pas que je viens te voir toutes les nuits, jusqu'à l'aube...Il faudrait que je lui dise, une fois. »

L'homme tire encore une bouffée de sa cigarette et regarde la fumée s'envoler vers l'horizon rosi par le soleil qui se lève.

« J'aime bien te parler. Cela me soulage. J'oublie un peu les soucis de la vie, comme ça. J'en viendrais presque à re-vouloir vivre...Ta mère a enfin présenté le Journal de 20h sur la 2. Après dix ans à essayer d'avoir une promotion, elle l'a enfin eue. Ses horaires sont réduits. Elle ne travaille que de 13 heures à 21 heures, maintenant, mais tous les jours, et même les vacances. Elle ne peut pas trop s'occuper des garçons... »

L'homme fait une pause, le temps de jeter sa cigarette et de l'écraser.

« Je l'aime, ta mère, tu sais ? Elle est la plus belle femme que je n'ai jamais rencontrée, la meilleure chose qui me soit arrivé depuis longtemps. Depuis que je la connais, en fait. Je l'aime...Tu sais qu'avant-hier, j'ai laissé passer l'heure, et je suis rentré trop tard. Ta mère était réveillée, et elle m'a presque sauté dessus en me demandant où j'étais. Elle était très inquiète. Je lui ai dis que j'étais venu te voir, mais pas que je venais là tous les soirs... »

L'homme regarde sa montre, et se lève.

« Bon, il faut que j'y aille, sinon elle va encore s'inquiéter. Je t'aime, ma puce. »

L'homme dépose les fleurs sur la terre derrière le banc, et part sans un regard en arrière, avec les larmes aux yeux. Comme tous les soirs, les fleurs ornent la tombe de sa fille, morte née, enterrée illégalement à cet endroit...
Elle aurait eu cinq ans aujourd'hui...

# Posté le lundi 22 décembre 2008 07:21

Modifié le samedi 10 janvier 2009 06:55

On en rajoute une... Cette nouvelle est la première d'un genre nouveau... Autant les autres étaient plus ésotériques, autant celle-là et les suivantes s'inscrivent dans un registre plus réaliste, traitant de problèmes peu évoqués dans notre monde...

Tu n'es pas seul...

« -Mr Hills ?
- Oui, c'est moi.
- Je vous prie de me suivre au poste, s'il vous plaît. »

Le choc ! Au poste. Mais qu'est-ce que j'ai encore fait ? Ou alors, ce n'est pas moi...

« - Excusez-moi, mais vous êtes sûr ? demandais-je.
- Certain.
- Très bien...Je vous suis. »

Nous quittâmes donc le bureau de la banque dans laquelle je travaillais et je montai dans la voiture de police garée sur le trottoir d'en face, tandis que le policier qui était venu me chercher monta à l'avant et fit démarrer la voiture. Je cherchai la ceinture de sécurité.
« Pas la peine, Mr Hills, me dit mon escorte. »

Quand nous arrivâmes au poste, le policier ouvrit la portière et me fit descendre. Je gravis les marches une par une. Une fois à l'intérieur, le policier m'assit dans une salle d'interrogatoire.
« Le commissaire viendra s'occuper de vous. »

Le commissaire. Quel honneur. Cela doit vraiment être un truc grave...
Au bout de quelques minutes d'attente, un homme barbu d'une quarantaine d'années, brun, aux yeux bleus perçants, entra dans la salle, un dossier rouge dans la main. Il s'assit en face de moi sans même me regarder ou m'adresser la parole.
«- Bonjour, dis-je »
- Mr Hills, je crois que ce n'est pas vraiment le moment.
- Expliquez-moi au moins ce que je fais là.
- Vous êtes l'auteur d'un meurtre.
- Pardon ? »

Un meurtre. J'aurais tué quelqu'un ?

«- Ce n'est pas possible...Je n'ai tué personne...Je ne comprends pas.
- Et pourtant, nous en avons la preuve. »

Sur ce, il sortit une photo du dossier rouge et me la montra. C'était une photo en noir et blanc. La photo d'un parking, probablement issue d'une caméra de surveillance. Et dessus, on me voit pointer de sang froid un homme avec un revolver que je ne me souviens pas posséder. Puis, le commissaire sortit une autre photo. Dessus, je suis en train de fouiller le cadavre de l'homme que je visais.

Je levai alors les yeux sur le commissaire et lui dis calmement :
« Je veux voir un psychologue. Je peux vous aider, mais je ne parlerai qu'en présence d'un psy. »

Une heure plus tard, le psy était arrivé.
«- Doc, je crois que j'ai une double personnalité.
- Qu'est-ce qui vous croire ça, Mr Hills ?
- Des choses bizarres. Par exemple, un jour un type que je ne connais même pas m'accoste dans la rue en m'appelant Simon...Il me demandait un rapport détaillé sur un corps...

«Simon Adams ! »

Je continuais à marcher à la même vitesse, sans me retourner, ne sachant pas que c'était moi, Edward Hills, que l'homme appelait. Il me rattrapa et posa une main sur mon épaule.
« -Simon, faut que je te parle.
- Je suis désolé, mais vous devez faire erreur.
- Putain, Simon, fait pas le con. Bon, il faut que tu me fasses un rapport détaillé de l'autopsie du corps de...
- Je vous assure que vous vous trompez. Je ne m'appelle pas Simon, mais Edward Hills, et je travaille dans une banque.
- Ah. Excusez-moi, Mr. »

Alors il partit. Et je rentrai chez moi, dînai, et partis me coucher.

*
* *

Simon Adams se réveilla à 22h, comme à son habitude, pour aller bosser à la morgue. Simon était médecin légiste. Il prit sa douche, but un café, et partit. Quand il arriva, il fut accosté par Sam, son collègue.
« - Simon, il faudra que tu me fasses le rapport de l'autopsie de Bérengère Connors. On a retrouvé son corps hier soir dans la Tamise.
- Ok. Je te donne ça demain.
- Non, pas demain.
- Pourquoi ?
- Parce qu'aujourd'hui, on est mardi, et que tu bosses pas le mercredi.
- C'est vrai. J'avais complètement oublié.
- Ah oui, au fait, j'ai croisé ton sosie, tout à l'heure, vers 18h. Un truc de malade, la ressemblance entre lui et toi.
- Ah. »

Simon n'aimait pas beaucoup Sam. En effet, il souhaitaient tous deux obtenir la même promotion.
Simon se pencha sur le corps de Bérengère et commença l'autopsie. Il remarqua des traces de doigts sur le cou, un coup de couteau dans le ventre, mais avant de la tuer, son agresseur l'avait excisée, puis l'avait sodomisée. Simon essaya de trouver des empreintes digitales sur le cou. L'agresseur avait de toute évidence utilisé des gants. Donc même si on avait retrouvé le couteau à côté, on n'aurait pas pu déterminer qui c'était.

« -Sam ! Est-ce qu'on a retrouvé des objets à côté du corps de la miss ?
- Non, rien.
- Dis donc, ils vont avoir du boulot nos collègues. »

Simon écrivit le rapport et le rendit le soir même à Sam. Puis il rentra chez lui, et se coucha.

*
* *
« - Continuez, Mr Hills, me demanda le psy.
- Le lendemain de cette curieuse rencontre, je partis travailler à la banque. Alors, sur l'ordinateur de mon bureau, je regardais où habitait ce Mr Adams. Et là, oh surprise ! Simon Adams habite chez moi, a le même numéro de téléphone que moi.
- En effet, c'est troublant.
- Vous n'imaginez même pas, Doc, la frousse que j'ai eue en rentrant chez moi ce mercredi 24 mai. Je m'attendais à trouver mon sosie derrière chaque porte. J'ai même sursauté de terreur en regardant dans un miroir. Mais ce n'est pas la pire chose qui m'est arrivée. Bref. Je me couchai, en faisant bien attention de fermer à clef derrière moi. »

*
* *

Mercredi. Cette nuit, Simon ne travaille pas. Il décida donc, à son réveil, d'aller prendre son pied dans la boite la plus branchée de Londres : la Paradise Night Floor, Le gérant de la boîte étant un de ses amis...Il s'y rendit, à partir de 23h, et prévu de passer toute le nuit à danser. Mais il rencontra un imprévu...Une fois arrivé devant la boîte, il demanda au vigile d'aller chercher Cameron, le gérant. Cameron le fit rentrer et lui offrit une boisson. Simon s'accouda au bar en buvant sa Vodka citron et observa la foule de danseurs. Et il l'aperçut. Il aperçut une jeune fille dans la foule, une jolie brune au corps gracieux et svelte. Il posa son verre et décida de la rejoindre. Il s'approcha d'elle et commença à danser collé à elle. Elle se retourna et le regarda dans les yeux. Simon lui adressa son sourire le plus charmeur et lui offrit un verre, qu'elle accepta...
« - Je m'appelle Simon.
- Et moi Alice. Je suis française, et je passe la semaine à Londres.
- Semaine en amoureux ?
- Non, avec ma famille. Mes parents m'ont autorisée à sortir toute la nuit. Ils connaissent le gérant et ont toute confiance en lui.
- Cameron ?
- Tu le connais aussi ?
- C'est un ami de longue date. Mais quel âge as-tu ?
- 19 ans. Mais je vais sur mes 20.
- Mademoiselle, du haut de mes 26 ans, je vous salue.
- Charmeur.
- Et fier de l'être. On va danser ?
- Ok.

Naturellement, ils dansèrent ensemble. Naturellement, Simon ramena Alice chez lui. Naturellement, ils passèrent le reste de la nuit ensemble. Naturellement. Il fallait s'y attendre.

*
* *
« - Et quand je me suis réveillé, le jeudi 25 mai, quelle ne fut ma surprise de trouver une jeune fille dans mon lit, certes très jolie, mais absente quand je me suis couché. Surtout que j'avais fermé à clef. Le plus étrange, ça a été quand je l'ai réveillée pour lui demander des explications. Elle m'a regardé et m'a demandé ce qui se passait, en m'appelant Simon. Je l'ai regardé, et je me suis exclamé : « Je ne suis pas Simon ! Je ne connais pas de Simon ! Je suis Edward Hills, je me réveille pour aller bosser dans ma banque et je retrouve une fille dans mon lit qui n'y était pas quand je me suis couché ! Je veux comprendre ! Pourquoi m'appelle-t-on Simon ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je veux comprendre !! »
Puis je me suis calmé. J'ai fait du café pour elle et moi et elle m'a expliqué. Elle s'appelait Alice, et elle a rencontré Simon dans la Paradise Night Floor. Simon l'a alors ramenée ici après l'avoir draguée, et elle m'a dit qu'elle avait passé une nuit inoubliable. Et c'est là que j'ai compris. C'est là que j'ai su que je menais sans le vouloir une double vie. Que Simon Adams et moi ne faisons qu'un.
- Nous allons vous aidé, dit le commissaire, resté silencieux jusque là. Docteur, pouvez-vous pratiquer l'hypnose sur Mr Hills ?
- Non. Mais je peux contacter un spécialiste.
- Très bien. Edward, nous allons vous garder avec nous jusqu'à ce qu'il arrive.
- Ok. »

Le spécialiste arriva en milieu d'après-midi. Il m'endormit.

*
* *

« - Est-ce qu'il dort ?
- Oui, répondit l'hypnotiseur.
- Commencez.
- Mr Hills ?
- Oui, répondit Edward Hills, endormi.
- Je vous demanderai de ne pas intervenir.
- Très bien.
- Vous pouvez nous quitter. J'appelle Mr Adams.
- Oui, c'est moi.
- Qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Simon Adams, j'ai 26 ans, et je travaille comme médecin légiste à la morgue.
- Très bien. Je vous demanderai de répondre à mes questions avec le maximum de sincérité possible.
- Ok.
- Avez-vous commis un meurtre, récemment ?
- Oui.
- Qui avez-vous tué ?
- Sam Smith.
- Pourquoi ?
- Il avait obtenu la promotion que je voulais avoir.
- C'est uniquement pour cela ?
- Non. Aussi parce que j'ai couché avec sa s½ur, et qu'il n'a pas accepté. Il m'a envoyé des lettres de menaces. C'était lui, ou moi.
- Merci Mr Adams. Vous pouvez vous rendormir. »

Le commissaire et l'hypnotiseur s'entretenaient sur la démarche à suivre. Ils étaient d'accord sur un point : ils ne pouvaient pas juger et enfermer Mr Adams sans condamner aussi Mr Hills, qui n'avait rien fait. La seule solution était de séparer les deux. Mais d'après l'hypnotiseur, ils risquaient de le tuer.
« Il faut quand même essayer, dit le commissaire. »

« - Mr Adams, Mr Hills. Je vous appelle tous les deux.
- Oui.
- Oui.
- Je dois vous dire que vous vous partagez un même corps. L'un de vous deux doit partir. Décidez-vous.
- J'accepte.
- Qui êtes-vous ?
- Edward Hills.
- Vous acceptez de disparaître à tout jamais ?
- Oui.
- Très bien. Mr Adams, je vous demanderai de ne pas intervenir. Edward, écoutez-moi. Vous avez trop longtemps partagé ce corps. Vous devez partir à tout jamais. Vous allez dormir, jusqu'à ce qu'un jour quelqu'un décide de vous réveiller. Endormez-vous. Voila. Mr Adams, vous pouvez vous réveiller. »

Dès que Simon ouvrit les yeux, le commissaire lui passa les menottes : « Mr Adams, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Sam Smith. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous lors de votre procès.

- Je n'étais pas seul. »

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 07:20

Modifié le lundi 22 décembre 2008 07:14

Et voici la quatrième... Un conseil aux zélotes, abstenez-vous, elle remet en cause le dogme chrétien...

Le mal n'est pas toujours où l'on croit...




Elle l'attendait patiemment près du cimetière des Anges. Il avait un quart d'heure de retard déjà, et elle avait beaucoup de choses à lui dire.

« - Luci ?
- Tu es en retard, Dieu.
- Je sais, Lucifer. J'avais quelques affaires à régler avec mes...partisans.
- Ainsi, les rumeurs sont fondées. Tu souhaites vraiment me prendre la moitié de pouvoir que je possède.
- Je te mentirais en le niant...Beaucoup me suivront, et j'aimerais éviter le plus possible les effusions de sang. Je te poses donc la question : acceptes-tu de me donner ta part de pouvoir ?
- Acceptes-tu une condition ?
- Aucune.
- Alors je refuse.
- Tant pis pour vous.

L'homme, celui que Lucifer avait appelé Dieu, s'en alla sans un regard en arrière.

- Dieu, attend !
- Tout est dit, Luci, dit-il sans se retourner.
- Tu ne peux tous nous détruire. Tu auras au moins besoin d'un peu de bien pour ne pas régner sur un monde mort.
- Je sais, Lucifer, je sais. Adieu. »

Une semaine plus tard, les Anges qui avaient décidé de suivre Dieu et qui étaient peu à peu devenus Démons lancèrent le premier assaut contre le camp du Bien, qui attendaient ce moment avec anxiété et résignation en même temps. Un aide de camp vint chercher Lucifer et l'aida à se préparer.

« - Combien sont-ils, Gabriel ?
- Un peu plus de 20.
- Combien sommes-nous ?
- A peu près autant.
- Crois-tu que l'on puisse gagner ?
- C'est possible, en éliminant la tête de groupe.
- Tu as toujours été plus violent que les autres Anges. Tu as failli suivre Dieu. Pourquoi m'as-tu choisie ?
- Tu es l'Ange porteuse de lumière. Tu nous as toujours guidés avec Justice et Bonté. Pourquoi changerais-tu dans une période de crise ?
- Espérons que tu as fait le bon choix, et que je ne vous mènerai pas à la défaite et à la Mort.
- Nous avons foi en toi.
- Merci. Je ne vous décevrai pas. »

Lucifer sortit de sa tente et contempla son petit groupe d'Anges qui l'attendaient avec impatience.
« - Aujourd'hui est un jour mémorable, commença-t-elle. Mémorable car il est le témoin d'une rupture entre nous, les Anges, et les Démons. Mémorable aussi car certains d'entre nous mourront peut-être. Mais il faudra tenir tout en évitant de trop tuer. Ce sera dur. N'oubliez pas que vous n'êtes pour rien dans ce conflit, que tout est du à la félonie de Dieu, qui veut être unique. Si vous voulez partir, c'est maintenant. Après, il sera trop tard.
- Nous te suivrons, tu es l'Ange de Lumière.
- Merci. Préparez-vous à vous battre pour survivre. »

Les Anges allèrent se placer sur la plaine, qui servira de champ de bataille, et qui marquera plus tard la frontière entre les Enfers et le Paradis. En attendant l'assaut, Lucifer se remémora le passé. Les moments où Dieu et elle commandaient leur petit groupe d'Anges, ensemble, main dans la main. Le moment intime où ils créèrent le monde. Puis Dieu commença à s'éloigner, à devenir plus distant. Les rumeurs disaient qu'il tenait des réunions avec certains Anges, qui eux-mêmes commencèrent à devenir étranges. Ils étaient plus violent, plus prétentieux, et surtout essayaient de mener les autres Anges sur les chemins du Mal.

La Corne de Démon commença à retentir sur la plaine, et au même moment, le groupe de Démons se rua vers les troupes de Lucifer. Pendant que la bataille faisait rage, Dieu, qui n'y prenait pas part, vit que la troupe de Démons commença à se clairsemer. Il envoya alors un message mental :
« C'est le moment ! »

Lucifer était en plein c½ur de la bataille et se battait avec toute la hargne dont elle était capable, sans pour autant tuer ses adversaires. Comme elle voyait que les rangs de Démons se dissipaient, elle encouragea son groupe à la suivre pour atteindre Dieu. A ce moment-là, elle se retourna et vit que Gabriel avait un comportement étrange. Elle ne fit pas attention et repartit vers Dieu. Mais elle s'arrêta net et contempla la pointe de flèche qui brillait entre ses deux seins. Elle se retourna et vit qui avait tiré :
« -Non, Gabriel, pas toi, dit-elle dans un murmure.
- Si. Dieu m'a plus attiré avec ses désirs de changement.
- Mais je croyais...
- Chut. Tu es mortellement blessée. Ne fais pas trop d'effort. Dieu te proposes un marché intéressant : on découpe le ciel en deux, chacun sa partie. Il gouvernera alors l'espèce qui se crée et qui évolue. Les Humains, qui semblent si prometteurs. Et il te laissera l'ensemble des autres êtres vivants.
- J...J'accepte.
- Bien. Je vais dire à Belzébuth de venir te chercher et de t'amener dans ta parcelle de ciel. J'espère que tu te remettras. Adieu. »

Il partit. Peu de temps après, Belzébuth vint chercher Lucifer. Elle se remit sur pied au bout de 10 siècles, et contempla alors le monde tel qu'il était.
Dieu se faisait passer pour le bon dieu auprès des Hommes de toutes les nations et de toutes les religions. Il adopta même plusieurs noms : Yahvé, Allah, Jésus, Bouddha...
Et il faisait passer Lucifer pour Le Démon, le Diable, et lui donna une réputation de traitresse et de parjure. Il pouvait ainsi assouvir son désir de violence et sa soif de sang, et torturer les Hommes en leur imposant des principes et des contraintes contraires à leur bien-être.
Et Lucifer fut oubliée au profit de l'image que Dieu, le vrai traitre, avait donné d'elle.
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# Posté le mercredi 05 novembre 2008 14:04

Modifié le dimanche 16 novembre 2008 07:28